Bavay, carte de 1545

    Cette carte est un document historique. Elle a été réalisée par Jacob van Deventer, un cartographe renommé du XVIe siècle, célèbre pour avoir cartographié de manière systématique les villes des Pays-Bas espagnols (dont faisait partie Bavay à l’époque) sur ordre de Charles Quint puis de Philippe II.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la structure en “étoile”. Bavay est l’ancienne Bagacum, capitale de la cité des Nerviens sous l’Empire romain.

  • On voit très bien les sept chaussées romaines (les fameuses Chaussées Brunehaut) qui convergent vers le centre de la ville.
  • À la Renaissance (époque de cette carte), Bavay a perdu son influence antique au profit de cités comme Mons ou Valenciennes, mais elle garde ce tracé radial unique.

La carte montre une ville close : Le bourg est entouré de murailles et de fossés.

 L’habitat est concentré à l’intérieur des murs, avec quelques extensions le long des axes principaux au sud (faubourgs).

Les zones vertes serpentines représentent les cours d’eau (notamment l’Hogneau) et les zones humides. À l’époque, la maîtrise de l’eau était cruciale pour la défense (fossés) et pour l’activité économique (moulins).

                                                   Style et précision

Jacob van Deventer utilisait une technique très précise pour l’époque, basée sur la triangulation.

  • Notez l’inscription “Bauais” (orthographe ancienne) surmontée d’un écu vide, destiné à recevoir les armoiries de la ville.
  • Les mentions “Occidens” (Ouest) et “Oriens” (Est) indiquent l’orientation de la carte.

C’est un témoignage précieux de la transition entre la cité médiévale et la ville de la Renaissance, avant que les guerres de Louis XIV ne modifient à nouveau les fortifications de la région.

Bavay est l’un des rares exemples où la structure urbaine d’il y a 2 000 ans est encore parfaitement lisible aujourd’hui.

Si vous comparez le plan de Jacob van Deventer (XVIe siècle) avec une carte actuelle (affichée ci-dessus), voici les points de comparaison majeurs :

La persistance de l’étoile romaine

Le tracé en étoile que vous voyez sur la carte de 1545 est quasiment identique aujourd’hui. Les sept routes qui partent du centre (vers Tournai, Mons, Maubeuge, Reims, etc.) forment toujours l’ossature de la ville. Sur une vue satellite actuelle, cette “toile d’araignée” est encore plus frappante.

Le Forum Antique (Le cœur de la ville)

Sur la carte ancienne, le centre est assez dense. Aujourd’hui, une grande partie de ce centre historique est occupée par le site archéologique du Forum Antique.

À l’époque de Van Deventer, les vestiges romains étaient enfouis sous les habitations médiévales.

Après les bombardements de 1940, la ville a été dégagée, révélant que le centre de votre carte de 1545 reposait sur l’un des plus grands forums de l’Empire romain.

 Les fortifications et les boulevards

En 1545 : On voit nettement les murailles et les fossés entourant le bourg.

Aujourd’hui : Les remparts médiévaux ont largement disparu, mais ils ont laissé place à une “ceinture” de rues (comme la Rue des Remparts ou le Chemin de Ronde) qui suivent exactement le tracé circulaire visible sur le document.

                                    L’extension urbaine

La carte du XVIe siècle montre des habitations presque exclusivement à l’intérieur de l’enceinte. Sur une carte moderne, vous constaterez que Bavay s’est étendue bien au-delà, notamment vers l’ouest et le sud, mais tout en respectant les axes tracés par les Romains et dessinés par Van Deventer.

En résumé : La carte de 1545 sert de “chaînon manquant” entre la cité antique et la ville moderne. Elle montre que malgré les siècles, la fonction de Bavay comme carrefour routier majeur n’a jamais changé.

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