1- La Bouteille Syphon
La bouteille à syphon était un moyen qui permettait de stocker ou de distribuer des boissons gazeuses en maintenant une pression interne et en l’empêchant ainsi de se dégazer. Celle – ci, très en vogue dans les débuts du XXème siècle était même indispensable dans tous les bistrots et cafés de France.
L’ objet proposé aujourd’hui est ce vase en verre coloré, marqué du “Frigorifique de la Sambre » constituant une pièce intéressante à verser au dossier méconnu mais fascinant de l’histoire industrielle de Berlaimont.
Contrairement à l’usine sidérurgique Akers (anciennement Marichal Kétin) qui a longtemps dominé le paysage de la commune, cette société de taille beaucoup plus modeste appartenait quant à elle au secteur de la conservation et du stockage.
Voici les points clés à retenir sur cet établissement :
1. Contexte et Création
La société a été fondée à la fin des années 1920 (on trouve des traces d’émissions d’actions datées de 1928)
À cette époque, le développement du chemin de fer et l’amélioration des techniques de production de froid permettent l’émergence de grands entrepôts capables de stocker des denrées périssables à proximité des axes de transport.
2. Emplacement Stratégique
L’usine était située à Berlaimont en raison de sa position géographique privilégiée :
- La Sambre : Pour le transport fluvial et l’accès à l’eau nécessaire aux machines de l’époque.
- Le Rail : Proximité immédiate avec la ligne de chemin de fer (axe Paris-Bruxelles), essentielle pour l’expédition et la réception de marchandises en wagons frigorifiques.
3. Activité et Rôle
Son rôle principal était de servir de plateforme de stockage à froid pour les produits agricoles de l’Avesnois et de la Thiérache (beurre, viandes, fromages comme le Maroilles). À une époque où le réfrigérateur individuel n’existait pas encore dans les foyers, ces installations étaient vitales pour réguler les cours des produits saisonniers.
4. Déclin et Mémoire
Comme beaucoup d’industries de petite ou moyenne taille dans la vallée de la Sambre, l’activité a décliné au milieu du XXe siècle avec l’évolution des modes de conservation domestiques et la concentration des centres de logistique frigorifique.
Aujourd’hui, il reste peu de traces visibles de cette activité, si ce n’est :
Des documents historiques (actions de bourse anciennes recherchées par les collectionneurs de “scripophilie”).
La mémoire locale d’un patrimoine industriel qui a précédé ou côtoyé les géants de la métallurgie.
Des oobjets comme celui-ci, témoignant d’un riche passé toujours prêts à nous révéler leurs secrets….
GPB

